Nous avons passé 24h (ou presque) avec Sophie Wilmès. Et le moins qu’on puisse dire c’est que la ministre fédérale du Budget se dépense sans compter… son temps en tout cas. 9 heures tapantes. Dans son vaste bureau au cinquième étage de la tour des Finances, la ministre fédérale du Budget Sophie Wilmes entame une réunion « débrief ». Assise à une table carrée, entourée des membres de son staff. « C’est le kern du (cabinet) du budget. Deux fois par semaine, on fait un état des lieux de ce qui est à faire et du suivi des dossiers . »

La réunion ne dure pas longtemps mais, insiste la ministre, « cela ne veut pas dire qu’on ne se voit qu’à ce moment. Ma porte reste toujours ouverte. Sauf quand je la ferme, si j’ai besoin de pouvoir me concentrer un moment sans être interrompue . »

L’actualité du jour, ce sont les nouveaux chiffres de prévision de croissance et d’inflation que le Bureau du Plan va communiquer « et qui sont importants car ils vont servir de base à nos prochains travaux budgétaires . » Le jeudi après-midi, il y a séance plénière au parlement. « Je sais déjà que je n’ai pas de point d’ordre du jour. Et je saurai vers 11h15, si un député compte me poser une question d’actualité . » L’élue de Rhode ne prévoit d’ailleurs jamais dans son agenda de rendez-vous incontournable le jeudi après-midi. Après cette première réunion, séance de signatures. Pas des autographes pour ses fans, mais des « accords budgétaires, que je dois approuver après avis de l’inspection des finances. Si je ne suis pas d’accord parce que la dépense n’était pas prévue, le point passe au conseil des ministres, qui peut passer outre mon refus. Je peux aussi poser des conditions . »

 

10h10. Avec un de ses conseillers, elle revoit les « bullet points » de la prochaine conférence qu’elle ira donner sur son budget. « Je vais en parler dans des cercles d’entreprises, des associations de femmes. Ici, c’est une conférence pour des militants à Waremme. Outre des explications sur le budget, je sais déjà que j’aurai des questions sur les mesures d’économie en soins de santé, parce que cela touche le quotidien des gens . » Sophie Wilmès est aussi ministre de tutelle de la Loterie nationale, à sa grande satisfaction car cette compétence est plus concrète. Cela lui permet de rencontrer des associations que La Loterie aide. 10h35 . D’un pas rapide, elle se dirige vers l’ascenseur et descend jusqu’au parking. On l’attend à 11h au Ceria à Anderlecht. « Des jeunes vont apprendre les premiers réflexes nécessaires pour sauver des vies dans le cadre du projet minipop. Cela contribue à faire d’eux des acteurs de leur vie. Comme maman de quatre enfants, je trouve cela important . »

11h05. Arrivée dans la salle omnisports, Pierre Mols lui précise le projet des Amis du Samu. « Notre ASBL forme des professeurs, qui eux-mêmes formeront des élèves à savoir comment effectuer un massage cardiaque. Il faut savoir que cela permet de sauver de nombreuses vies . » Un infirmier explique ensuite à une classe de deuxième, chacun accroupi devant sa minipop. Sorte de mannequin miniature qui permet de reproduire exactement les gestes d’un massage cardiaque. Sophie Wilmès se prête au jeu avec entrain. Pragmatique, plutôt que de repartir avec une minipop, elle propose à Pierre Mols de venir un jour donner une formation à son cabinet. Minipop et formations sont dispensés gratuitement grâce au subside de la Loterie nationale.

Midi vient à peine de passer quand la ministre reprend le chemin de son cabinet. Ou plutôt, d’un restaurant du quartier pour un lunch de travail avec quelques conseillers, histoire de faire le point sur le Beda, le Bureau d’éthique et de déontologie administrative, dont elle a la tutelle.

14h. Sophie Wilmès est de retour à la tour des Finances. Finalement, elle ne devra pas se rendre à la Chambre car elle n’a pas reçu de question d’actualité. Une après-midi de liberté ? « Oui et non car j’ai le conseil des ministres de vendredi à préparer » . » Sans compter les imprévus.

14h30 . À peine rentrée, la jeune ministre se prépare en effet à repartir pour aller discuter d’un point dudit conseil avec son collègue le ministre Jan Jambon (N.VA). Au fait, qu’est-ce qui l’a le plus surpris quand elle est devenue ministre ? « L’attention des médias ! Pour moi, cela a représenté un apprentissage de quelque chose qui m’était vraiment étranger, plus que quoi que ce soit d’autre . »

16h. Elle est de retour et enchaîne alors avec la préparation du conseil, entourée de ses collaborateurs.

18h30 . Les bureaux de son cabinet se vident. Sophie Wilmès va se changer et enfile sa robe de soirée car la journée n’est pas finie. Ce soir, elle assiste à une réception, dans un grand hôtel de la place Rogier. Avant cela, elle prend quelques minutes pour parler au téléphone avec chacun de ses enfants. Elle sait qu’elle ne les verra pas ce soir. « J’essaie d’avoir une soirée par semaine à la maison, parfois deux. Et de garder le week-end pour ma famille . »

18h50 . La ministre sort de sa voiture devant le Crown Plaza. Elle se rend au Gala « Road to Tokyo » organisé par le Belgian Paralympic Committee. Elle y passera la soirée, à table avec la princesse Astrid et à côté de Jacques Rogge, l’ex-patron du COIB. « C’était super ! J’ai discuté notamment avec la princesse et avec la triple médaillée olympique Marieke Vervoort ». La soirée se termine vers 23h30. Bien avant, elle avait dû renoncer à sa soirée entre copines.

Vendredi 8h . Départ de la maison à Rhode-St-Genèse. « Tous les matins, je dépose mes enfants à l’école même si, rarement, je dois les déposer à 7h. »

9h . Arrivée dans la cour du Conseil des ministres. Jusqu’à 9h30, les ministres arrivent dans la salle. « On a tous une place attitrée. Je suis en face de Charles Michel et juste à côté de Kris Peeters. Même quand on se réunit ailleurs, on garde les mêmes places . » Avant que les portes se ferment, elle conclut. « Mon travail évolue selon les saisons. Actuellement, le rythme est plus lent mais cela va bientôt aller crescendo jusqu’à Pâques… »

 

Marc Beaudelot Marc Beaudelot
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